130 MÉGAWATTS DE PUISSANCE
Le ministre de l’Énergie, Philippe Tonangoye, s’est récemment exprimé sur les défis majeurs auxquels fait face le réseau électrique gabonais. À travers l’exemple du barrage de Grand Poubara, situé dans la province du Haut-Ogooué, il a mis en lumière la complexité de la situation énergétique nationale.
« Nous avons environ 130 mégawatts de puissance installée, mais seule 35 à 40 % de cette énergie est utilisée, malgré les besoins de la province et de la Comilog »
a-t-il déclaré. Cette sous-utilisation soulève des questions, d’autant plus qu’elle s’accompagne de nombreuses coupures d’électricité dans la région.
Face à l’incompréhension du public, le ministre a tenu à faire une mise au point sur les différents types de coupures :
« Le délestage n’est pas une coupure intempestive. Il intervient lorsqu’il y a une insuffisance d’énergie et qu’il faut rationner, quartier par quartier. Ce n’est pas le cas à Moanda »
a-t-il précisé. Il a également mentionné que d'autres interruptions peuvent être causées par des travaux de maintenance ou des pannes techniques, appelées
« shutdown »
À Libreville, les coupures survenues en mai 2025 ne relèveraient pas non plus du délestage.
« C’était ce qu’on appelle un black-out. L’ensemble des équipements du réseau interconnecté sur le Grand Libreville s’est arrêté pour des raisons purement techniques »
a-t-il affirmé, sans en détailler la cause.
Philippe Tonangoye a ensuite tiré la sonnette d’alarme sur l’état du réseau électrique national. Selon lui, plusieurs infrastructures datent de 25 à 35 ans. Non seulement elles n’ont pas été renouvelées, mais elles n’ont aussi reçu qu’un minimum de maintenance.
« Ces équipements ont été, on va dire, abandonnés à eux-mêmes »
a-t-il regretté. Il évoque un système de production, de transport et de distribution d’électricité aujourd’hui
« dans des situations extrêmement compliquées »
“ La situation décrite reflète un dysfonctionnement profond du système électrique gabonais. Malgré une capacité installée suffisante, seulement 35 à 40 % est exploitée, ce qui montre un gaspillage de ressources précieuses. Trois grandes causes expliquent cela : infrastructures obsolètes et mal entretenues (25 à 35 ans sans rénovation), Défauts dans la distribution et le transport de l’énergie, Manque de coordination et de modernisation des systèmes de gestion énergétique “
souligne une source proche du dossier.
Conscient de l’urgence, le ministre appelle à des solutions concrètes, notamment une meilleure communication auprès des usagers, une adaptation des interventions techniques aux réalités locales, mais surtout une refonte structurelle du réseau.