CÉDER À UNE AUTRE ENTREPRISE
À l’occasion du bilan des 100 premiers jours du nouveau gouvernement gabonais, le ministre des Travaux publics et de la Construction, Edgard Moukoumbi, a livré des constats lucides et des annonces concrètes, notamment sur le sort de la Transgabonaise et les axes routiers stratégiques en souffrance.
Transgabonaise : une ambition revue à la baisse
Le grand projet de la Transgabonaise, censée relier Libreville à Franceville sur près de 780 km, connaît un changement radical. Alors qu’elle devait initialement s’étendre jusqu’à Bifoun-Nsilé, la réalité du terrain a contraint le ministère à revoir ses ambitions.
« La société autoroutière du Gabon, chargée de la réalisation, ne pourra pas aller au-delà de Nsilé »
a déclaré le ministre Edgard Moukoumbi.
En d’autres termes, la concession avec la SAG devrait s’interrompre à ce niveau, laissant place à d’autres entreprises pour poursuivre les travaux sur les deux axes essentiels : Bifoun-Ndjolé et Bifoun-Lambaréné. Un changement de stratégie motivé par la nécessité de relancer rapidement des chantiers à l’arrêt.
Le ministre ne s’est pas dérobé face à la réalité difficile de certaines routes. « Quand vous faites Bifoun-Lambaréné ou Bifoun-Ndjolé, c’est le calvaire », a-t-il concédé. Il a confirmé ainsi un vécu partagé par de nombreux automobilistes. Ces deux axes figurent parmi les urgences absolues du ministère, surtout à la fin de la période de la saison sèche.
Des instructions ont déjà été données pour la reprise des chantiers, à commencer par celui de Bifoun-Ndjolé, où l’entreprise SOBEA, initialement en charge, n’a pas encore repris ses activités.
« Nous travaillons pour qu’elle revienne. Sinon, une autre entreprise prendra le relais »
a précisé le ministre. Sur le tronçon Bifoun-Lambaréné, une autre société a d’ores et déjà été identifiée pour une éventuelle reprise rapide.
Edgard Moukoumbi a affiché une volonté de ne pas laisser les projets structurants dans l’impasse. Il a évoqué également le cas de SOGEA-SOBEA, en charge d’un linéaire sur Bifoun-Ndjolé, dont l’avenir est incertain.
« Si on n’arrive pas à s’accorder rapidement, d’autres structures prendront le relais pour finaliser les tronçons critiques »
a-t-il averti.
Face aux défaillances ou lenteurs de certains partenaires, l’État se tient prêt à réagir avec fermeté. Il est question de désenclaver les régions, et de soulager les usagers.