tvplusafrique

Education

SUSPENSION ENVISAGÉE VERS LES UNIVERSITÉS PRIVÉES

SUSPENSION ENVISAGÉE VERS LES UNIVERSITÉS PRIVÉES
L'ANBG envisagerait la suppression pure et simple de l’orientation des nouveaux bacheliers des séries générales vers les établissements privés.

Alors que les commissions d’orientation battent leur plein, une information parue ce 19 août 2025 dans L’Union a jeté un véritable pavé dans la mare du système éducatif gabonais. Selon le quotidien, l’Agence nationale des bourses et stages (ANBG) envisagerait la suppression pure et simple de l’orientation des nouveaux bacheliers des séries générales vers les établissements privés.


Si la décision n’a pas encore été rendue officielle, cette volte-face surprise alimentée par la rumeur ces derniers jours, pourrait constituer un changement radical dans la politique de gestion des bourses au Gabon. L’effectif pléthorique attendu cette année dans les universités publiques, notamment à l’Université Omar Bongo (UOB), déjà connue pour ses infrastructures très limitées, pourrait accentuer les tensions. Pour beaucoup d'observateurs, cette décision serait un coup de massue pour les familles qui espéraient une orientation dans des établissements mieux encadrés.


 


Une dette qui fait la part belle à l’interrogation


D’après des sources internes à l’ANBG, seuls les détenteurs de baccalauréats professionnels, notamment ceux des filières industrielles, seraient désormais éligibles pour une orientation vers le privé. Cette décision semble s’expliquer, entre autres, par la dette colossale que l’État accumule auprès des établissements privés partenaires, restés en panne de paiements depuis plusieurs mois. Dans cette optique, le gouvernement chercherait à gérer les dépenses de façon drastique, quitte à prendre le taureau par les cornes.


Une autre mesure fait également débat : la limitation des bourses à l’étranger aux seules filières dites prioritaires, une disposition dictée par le décret 065/PR/MES/RSIT du 12 février 2024. Cette initiative, qui vise à juguler la crise financière et à recentrer les ressources sur les besoins stratégiques du pays, pourrait cependant freiner les ambitions de nombreux jeunes.



 


Une décision qui suscite l’inquiétude


Pour les 21 979 nouveaux bacheliers de 2025, cette orientation, si elle se confirme, risque d’être une pilule dure à avaler. D’autant que, pour l’heure, aucune communication officielle n’a été faite pour lever les inquiétudes. Entre la pure spéculation et les confidences officieuses, les familles scrutent la réaction du gouvernement, espérant un signe qui viendrait mettre du baume au cœur de milliers d’étudiants.


L’heure est à l’interrogation : la question qui brûle toutes les lèvres est de savoir si le Gabon est prêt à accueillir dans ses universités publiques une telle masse d’étudiants, sans corriger les lacunes structurelles qui persistent. Certains y voient un retour en arrière, d'autres estiment que cette approche pourrait être la clé du succès, à condition d’accompagner la réforme avec des investissements massifs dans l’enseignement supérieur public.


 


Vers un nouveau dispositif ?


Pour plusieurs analystes, cette décision n’est pas l’ultime recours, mais plutôt un autre dispositif à expérimenter dans une tentative de réforme du système éducatif. De quoi se demander si les universités publiques au Gabon, déjà considérées comme la tache la plus noire du système, pourront tenir le choc. Dans cette optique, certains plaident pour une réforme structurelle de l’ANBG elle-même.


Au cœur de cette crise, des questions financières et de nouvelles priorités. La décision de suspendre l’orientation vers le privé ne pourra être efficace que si elle s’inscrit dans une vision à long terme, au-delà des logiques partisanes.


Scrutons l’avenir, donc, avec prudence. Car pour les bacheliers, l’année 2025 pourrait bien commencer avec un goût amer.




Par Pamphile EBO

Top Articles