SOULAGER 115 000 GABONAIS
Dans une province marquée par un accès difficile à l’eau potable, les autorités gabonaises semblent enfin décidées à prendre le taureau par les cornes. À une quinzaine de kilomètres de Ntoum, une délégation du ministère de l’Accès universel à l’eau a effectué une mission de contrôle et de suivi sur le chantier de la phase A du projet Village Mbomo, un projet porté par la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) et financé à plus de 28 milliards de francs CFA.
Sur place, une entreprise italienne, adjudicataire du marché, a mis les bouchées doubles pour faire avancer les travaux de l’usine de traitement d’eau située à Akok, sur la route de Cocobeach.
« Ce que nous construisons ici est l’une des plus importantes réalisations hydrauliques du pays »
déclare Kassim Anguilet, directeur général de l’OGC.
« La station va produire 35 000 m³ d’eau par jour, avec un réservoir de 5 000 m³. Et avec les nouvelles canalisations, 800 mm de Mbomo à Ntoum, puis 1 200 mm jusqu’à Libreville, nous atteindrons 70 000 m³/jour, ce qui permettra de soulager près de 115 000 habitants du Grand Libreville »
Le projet vise à résoudre une équation difficile, celle de l’approvisionnement en eau potable dans une capitale en pleine croissance démographique.
« Ce n’est pas une sinécure »
confie Kassim Anguilet.
« Nous avons connu des retards et des défis, mais aujourd’hui, l’étau se desserre. Nous avons pratiquement terminé la pose des canalisations. Il ne reste que les raccordements et quelques aménagements définitifs »
Le chantier sort le pays d’une traversée du désert en matière d’infrastructures hydrauliques. Pendant longtemps, Libreville et ses environs ont été au creux de la vague, victimes de coupures fréquentes et de pénuries.
Mais les choses changent. Ce projet fait partie intégrante de la vision du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui place l’accès à l’eau et à l’énergie comme épine dorsale du développement national.
« Nous intervenons comme un pompier, pas pour éteindre un feu, mais pour reconstruire un système »
explique un membre du ministère.
La qualité de l’eau produite est également un enjeu central.
« Le livrable ici, c’est de l’eau traitée selon les normes SEEG, mais aussi en accord avec les standards internationaux. En réalité, nous visons des exigences bien supérieures à celles fixées par l’EMS »
affirme Eric Serge Obounou, le chef projet Mbomo.
Sous la houlette du ministre Philippe Tonangoye, cette visite s’inscrit dans la mise en œuvre du pilier numéro un du plan présidentiel, qui ambitionne d’offrir à tous les Gabonais un service public fiable et durable.